L’antisémitisme est-il une X-phobie comme les autres ?

Dans mon précédent billet, j’ai critiqué un article de Julien Salingue, en montrant que sa distinction entre antisionisme et antisémitisme ne tenait pas. Cela ne veut pas dire que cette distinction n’existe pas, mais simplement qu’elle ne se situe pas là où Julien Salingue la situait. Le point de départ de ma réflexion a été d’établir une comparaison entre l’antisémitisme d’une part, et d’autres formes de X-phobies*[1] d’autre part, notamment l’homophobie et l’islamophobie. J’ai utilisé les intuitions courantes relatives à ces deux oppressions-là pour les appliquer, en retour, à l’antisémitisme, mais je ne me suis pas posé la question de savoir si ce déplacement était légitime. J’ai plus ou moins admis que oui, et j’ai mené dans ce cadre la suite du raisonnement. L’objet de ce billet-ci est, au contraire, de montrer que les choses ne sont pas tout à fait si simples, et d’examiner à quelles conditions Julien Salingue pourrait, à la rigueur, avoir au moins un peu raison de dire les choses comme il les dit. Mais comme on va le voir, il n’en reste pas moins qu’il est loin d’avoir raison jusqu’au bout.

1.

Je commence par l’argument le plus faible : l’antisémitisme jouit d’un statut particulier, parce que c’est en son nom qu’on a massacré six millions de personnes pendant la Seconde Guerre mondiale. L’antisémitisme, de ce fait, est quelque part une affaire plus grave que n’importe quelle autre X-phobie, car il traîne avec lui une histoire particulièrement atroce et sanglante ; on comprend aisément que d’aucuns tiennent à affirmer bruyamment qu’ils n’ont rien à faire avec une pareille idéologie. Se laver de tout soupçon d’antisémitisme peut apparaître comme un préalable nécessaire à toute prise de parole sur la question de la géopolitique proche-orientale, tant il semble infamant d’être associé, de près ou de loin, à ce genre de choses.

Mais que la Shoah ait durablement compromis les chances de l’antisémitisme de paraître acceptable en société, cela signifie simplement que l’on associe automatiquement Hitler à l’antisémitisme, par un mécanisme mental qui pourrait bien relever de la panique ou du court-circuit. Hitler n’a pas le monopole de l’antisémitisme, et c’est succomber à une émotion bien malvenue que de faire, implicitement ou explicitement, de l’épisode du nazisme, la vérité profonde de tout antisémitisme. L’idée de considérer toute forme d’antisémitisme comme une forme affadie de nazisme n’a pas plus de fondement que celle qui consisterait à considérer le nazisme comme une forme particulièrement outrée d’un antisémitisme dont les propriétés naturelles seraient d’être soft. N’oublions pas non plus que cette horreur spécifique que nous éprouvons devant la Shoah a une dimension très politique et très culturelle : l’épisode pluricentenaire de la traite des Noir-e-s hante bien moins nos mémoires que celui de l’extermination des Juif/ve-s, ce qui fait que le racisme anti-noir, par exemple, n’est pas, au contraire de l’antisémitisme, immédiatement associé à ce qu’il a pu produire de pire dans l’histoire. En d’autres termes, le rôle prépondérant de la Shoah dans notre mémoire politique, dans notre construction mentale de l’histoire moderne, etc., explique, mais ne justifie pas, que l’antisémitisme soit envisagé avec une intransigeance supérieure aux autres formes de racisme. Et si l’on admet qu’il y a de quoi s’indigner face au déséquilibre des mémoires, c’est presque un enjeu politique que de refuser ce chantage moral. L’association de l’antisémitisme à l’horreur absolue n’a rien d’un fait objectif : c’est seulement un fait psychologique, subjectif, dont on a tout intérêt à se défaire si l’on veut commencer à penser le réel.

2.

Je poursuis par un argument plus sérieux : lorsque les sionistes traitent les antisionistes d’antisémites, ils/elles n’auraient pas dans l’idée que les antisionistes seraient antisémites en tant qu’ils/elles sont antisionistes (c’est-à-dire que l’antisémitisme serait analytiquement contenu dans l’antisionisme), mais que l’antisionisme serait un paravent conscient et cynique, destiné à faire passer en contrebande un antisémitisme haineux. Dans la mesure où ce cas de figure existe bel et bien (voyez Dieudonné : Julien Salingue cite sur son blog des extraits du programme du Parti antisioniste, et il ne fait aucun doute que les mots sioniste et juif commutent absolument, que l’un est simplement employé pour dire et pour ne pas dire l’autre), on pourrait croire que dès que quelqu’un traite un-e antisioniste d’antisémite, il l’assimile à un Dieudonné. Je ne crois pas que les choses soient aussi simples : d’abord, les sionistes concerné-e-s, bien souvent, ne se posent probablement pas tant de questions, et il n’est pas du tout certain que les choses soient toujours si claires dans leur esprit. D’autre part, je crois tout de même que pour beaucoup de sionistes, l’antisémitisme est bien analytiquement contenu dans l’antisionisme. C’est le cas pour toutes celles et pour tous ceux qui voient dans l’antisionisme non pas une ruse rhétorique perfide, mais une obsession malsaine ; pour toutes celles et pour tous ceux pour qui il est suspect de s’en prendre si violemment à un État, qui se trouve être un foyer national juif, plutôt qu’à beaucoup d’autres, dont la politique, paraît-il, n’est pas toujours plus respectable. On trouve des arguments de ce genre chez ce monsieur, dont j’ai découvert le blog suite à un lien qu’il a mis chez Julien Salingue. Or ces arguments, on en conviendra, sont assez courants. Et ils ne sont pas structurellement différents de ceux qui font dire aux gens de gauche que tel ou tel gouvernement est islamophobe à cause de son obsession suspecte de l’islam et des musulman-e-s.

3.

J’en arrive au troisième argument, celui dont la portée est la plus grande : il n’y a pas d’incitation sociale à l’antisémitisme. J’ai déjà dis plusieurs fois, et dans mon précédent billet notamment, qu’on pouvait dire des choses racistes ou homophobes par erreur, par ignorance, plutôt que par méchanceté. Encore faut-il, pour cela, qu’il y ait dans l’air ambiant de quoi nourrir ces erreurs, de quoi alimenter ces préjugés, de quoi justifier que l’on ne s’en émancipe pas. Or il me paraît impossible de nier que les préjugés homophobes ont toutes les chances de prospérer dans une société qui, il y a quelques mois à peine, consacrait l’inégalité des homos et des hétéros devant le mariage. Les préjugés sexistes, eux, sont entretenus à longueur de temps par les discours politiques, par la publicité, par toutes sortes de représentations plus ou moins insidieuses. Les préjugés négrophobes, arabophobes, islamophobes ou romophobes (anti-roms) sont relayés plus ou moins subtilement par des ministres, des député-e-s, des éditorialistes. Mais l’antisémitisme ? Il me semble que, pour des raisons qui tiennent justement à ce que j’ai exposé dans mon « premier argument », mais aussi sans doute à l’assez bonne intégration, et depuis longtemps, de beaucoup de Juif/ve-s dans les sphères de pouvoir, il n’y a pas d’élément antisémite dans l’idéologie dominante. Ou, s’il y en a, c’est en tout cas beaucoup moins clair que pour les autres X-phobies que j’ai évoquées. Du coup, il serait plus grave d’être antisémite que d’être islamophobe ou homophobe, parce que l’islamophobie ou l’homophobie peuvent être, chez quelqu’un, le simple reflet d’un discours social environnant, et le résultat d’une simple attitude passive, tandis que l’antisémitisme d’un individu supposerait chez lui une démarche plus active, plus volontaire – fondée sur la haine et la méchanceté, donc, plutôt que sur l’ignorance.

Cette idée n’est pas à écarter d’un revers de main ; elle mérite un sérieux examen, et, je crois, elle a un fond de vérité que l’on ne peut pas nier. Mon objet n’est pas de la réduire en poussière, mais de la relativiser, en signalant simplement qu’elle est étroitement tributaire d’une conception des X-phobies dont j’ai récemment montré l’insuffisance. Elle suppose, d’abord, que la macro-structure sociale est le seul lieu de production idéologique qui existe ; or il se pourrait très bien qu’il y eût une incitation structurelle à l’antisémitisme, à l’échelle d’une micro-structure (groupe militant, voire famille) qui ne soit pas en même temps une incitation sociale. Mais surtout (car à vrai dire je ne crois pas que mon hypothèse précédente soit tellement convaincante), elle repose sur une vision linéaire de la pensée, dans laquelle seul est valorisé le fait de se dégager des préjugés sociaux, et dans laquelle il n’est reconnu aucune positivité au fait de laisser la pensée se déployer selon ses normes autonomes ; dans laquelle, autrement dit, le risque éventuel de l’erreur n’est pas admis. Ce qui semble rendre si insupportable à Julien Salingue l’idée qu’il puisse y avoir un antisémitisme honnête à gauche, c’est qu’il ne lui paraît visiblement pas acceptable qu’une réflexion antisémite puisse naître du développement propre d’une pensée indépendante : pour lui il ne peut s’agir, là où elle apparaît, que d’un préjugé social résiduel. Or comme il n’y a pas d’incitation sociale à l’antisémitisme, il est impossible d’avoir des préjugés de ce genre ; l’antisémitisme ne peut donc être fondé que sur la haine (ou, à la rigueur, sur un délire morbide) ; l’affaire est réglée. On m’excusera de ne pas me contenter de ces facilités.


[1] J’ai explicité le sens de ce terme ici et  ; je ne vais pas le faire à chaque fois. Je me suis dit qu’il serait plus commode de créer une page-glossaire où je répertorierais tous les termes que j’emploie dans un sens particulier, ou dans un sens non trivial. Je ferai suivre d’une astérisque les termes qui sont définis dans le glossaire ; bien entendu, ce glossaire sera lui-même amené à évoluer à mesure que ma réflexion s’affinera.

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4 commentaires

  1. un commentaire de Vincent :

    « Du coup est-ce qu’être antisioniste implique d’être antisémite? Le mec que
    tu as cité, qui écrit contre Salingue, a un argument qui peut facilement
    être retourné, et donner de l’antisionisme une connotation très positive.
    Il dit que les antisionistes s’obstinent à ne pas vouloir accorder la
    nationalité aux seuls juifs, ce qui va à l’encontre des droits de l’homme.
    Or Salingue et les autres antisionistes gentils ne luttent pas tant pour
    l’abolition de l’Etat d’Israël (objectif assez utopique) que pour
    l’obtention de la nationalité israélienne pour les palestinien-nes, qui ne
    l’ont pas. On pourrait donc définir antisioniste comme : personne qui
    milite pour que les Palestiniens aient la nationalité israélienne. On
    retourne ainsi la question. L’antisionisme devient une lutte pour
    l’égalité des droits comme les autres.
    Le problème resurgit si ça revient à contester l’attribution de la
    nationalité israélienne sur critères raciaux/religieux (tous les juifs ont
    droit à la nationalité israélienne). Mais les deux ne sont pas
    incompatibles. On aurait un système droit du sol + droit pour les juifs.
    Donc ce n’est pas aberrant de distinguer analytiquement antisionisme et
    antisémitisme, c’est juste que Salingue le fait mal. Il veut faire une
    distinction à partir d’une même cheville : les juifs. Il suffit de définir
    les deux termes sans élément commun pour évacuer le problème. Je soutiens
    qu’on peut définir de façon satisfaisante l’antisionisme sans parler une
    seconde des juifs, donc sans avoir à parler d’antisémitisme. Je rejoins en
    fait ta position qui consiste à ne rien dire du tout aux accusations
    d’antisémitisme.
    Après, le centre de ton billet concerne la définition de l’antisémitisme,
    dont tu soutiens (ou pas?) qu’il est une X-phobie spécifique, qu’on ne
    peut pas penser sur le même modèle que les autres. Certes on ne définit
    pas correctement une x-phobie par « haine de x ». Mais sur quoi base-t-on la
    spécificité de l’antisémitisme? Quelques réflexions pour lancer la
    discussion :
    1 La shoah n’est pas un vrai argument comme tu l’as dit, d’ailleurs la
    shoah touchait aussi des homos, des noirs, des rroms.
    2 l’antisémitisme est aussi structurel qu’une autre domination, tout le
    monde est au contact avec des préjugés antisémites, même s’ils ont une
    forme moins virulente le plus souvent.
    3 les juifs sont perçus comme l’élite au pouvoir. Mais aujourd’hui, c’est
    la même chose pour les homos : les homophobes fondent tout leur discours
    sur la peur du lobby gay et du milliardaire pierre bergé (je viens de
    trouver un tract gratiné sur la question).
    4 Du coup la seule spécificité de l’antisémitisme c’est la présence d’un
    Etat juif. C’est la seule X-phobie qui aurait un enjeu géopolitique. Mais
    en fait l’arabophobie aussi a un enjeu géopolitique, qui est exactement le
    même (même si l’Iran n’est pas arabe).
    Est-ce que tu aurais des idées pour me prouver le contraire? »

  2. A. Il me semble que la suppression de l’Etat d’Israël, en un certain sens, est bien un objectif des antisionistes gentil-le-s, en tout cas de ceux et celles qui sont le plus à gauche et le plus au courant. Je pense que Julien Salingue défend l’option « un Etat », par opposition à l’option « deux Etats » (Israël + Palestine dans les frontières, par exemple, de 1967) : un Etat plurinational, ça suppose qu’Israël n’existe plus, que la nationalité israélienne n’existe plus, et donc ça n’implique pas que les Palestinien-ne-s deviennent tou-te-s israélien-ne-s. Je ne pense pas du tout que l’obtention de la nationalité israélienne pour les Palestinien-ne-s soit un objectif pour quiconque, ni pour les antisionistes « 1 Etat », ni pour les antisionistes « 2 Etats ».

    Si je comprends bien, ta position consiste à dire qu’il pourrait y avoir une forme d’antisionisme qui soit perçue comme inoffensive pour les Juif-ve-s par les sionistes eux/elles-mêmes ? Bon, déjà, j’imagine que ça dépend des sionistes ; mais la plupart d’entre eux/elles tiennent au caractère juif de la nation israélienne, et s’imaginent même que dans un Etat plurinational, les Juif-ve-s seraient minoritaires, et que ce serait donc un gros problème (parce que les Arabes les opprimeraient, je suppose…).

    Et puis j’imagine qu’il y a des sionistes qui trouveraient ça antisémite de refuser aux Juif-ve-s le droit d’avoir à un Etat propre (parce que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tout ça…).

    B. Sur le reste :

    1. Oui (même si ni les noirs, ni les rroms ni les homos n’ont fait l’objet d’une tentative de destruction systématique pendant la Seconde Guerre mondiale. Par contre, les handicapé-e-s mentaux/ale-s, si).

    2. A quoi tu penses, comme préjugés antisémites avec lesquels on es en contact ? Il y en a certainement (« les Juif-ve-s dominent le monde », « les Juif-ve-s ont le nez crochu », « les Juif-ve-s sont avares », « les Juif-ve-s sont tou-te-s riches ») mais il me semble qu’ils ne sont quasiment jamais diffusés médiatiquement sans que leur dimension de préjugé soit soulignée (quand on est en contact avec un préjugé antisémite X, c’est toujours sous la forme : « X est un préjugé antisémite », et jamais « X » tout seul).

    Cela dit, on peut imaginer que ce qui compte dans l' »incitation sociale » à l’antisémitisme, ce soit le seul fait d’énoncer un préjugé, fût-ce de manière indirecte et citationnelle – de sorte que toute dénonciation (« X est un préjugé antisémite ») serait en réalité une prétérition (« ne comptez pas sur moi pour répéter que X ! »). C’est une question intéressante.

    3. Mais est-ce qu’il y a des tracts non confidentiels, et émanant d’autre chose que de groupuscules chtarbés néo-nazis ou pétainistes, qui disent que les Juif-ve-s sont au pouvoir ?

    4. Du coup, je ne pense pas que la seule spécificité de l’antisémitisme soit la présence d’un Etat juif. Il y a aussi des Etats musulmans, des Etats arabes, etc.

    « dont tu soutiens (ou pas?) qu’il est une X-phobie spécifique »

    Je suis content de voir que tu formules les choses comme ça, j’aime bien le « ou pas » entre parenthèses, parce que c’est pile poil ce que je voulais suggérer. Plutôt oui, mais après tout y a aussi des arguments pour dire que non, et finalement je ne tranche pas très fermement…

  3. Quelques éléments pour poursuivre la discussion et en clore une partie :
    J’entendais en effet plutôt qu’on pouvait définir antisionisme par : militer pour que les Palestiniens aient une nationalité (quoi qu’on la nomme). Ce qui n’est pas le cas, et tant que ce n’est pas le cas, les Israëliens juifs ne peuvent pas invoquer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes etc. Cela implique soit un Etat palestinien, soit un Etat pour deux ethnies, selon les goûts de chacun… Après, je ne sais pas trop quoi répondre à l’argument des sionistes qui tiennent au caractère juif de l’Etat d’Israël. Mais bon, le problème est de toute façon insoluble, il s’agissait juste de montrer qu’on peut l’éviter habilement quand on est propalestinien. On pourra toujours rétorquer aussi que le fait de ne pas prendre en compte le fait juif dans la définition de l’antisionisme et de faire comme si c’était tout à fait autre chose, c’est déjà de l’antisémitisme.

    Sur 2 et 3, et les préjugés, je persiste à ne pas être convaincu par ce que tu avances : les médias et les seules sphères de pouvoir ne sont pas un bon indicateur, surtout quand les médias évoluent. Aujourd’hui les succès médiatiques de Soral et Dieudonné, qu’on peut certes ranger dans les chtarbés, montrent aussi qu’il y a un public pour l’antisémitisme. Et ce n’est pas parce qu’un tract vient d’un groupuscule qu’il ne trahit pas des tendances plus estompés dans la société entière.
    Par ailleurs, les médias d’aujourd’hui ne sont pas les seuls éléments structurants. Nos grands parents ont pour certains grandi avec la propagande de la Révolution nationale. Ma grand-mère qui est juste un peu conservatrice te dire qu’elle n’aime pas bien les juifs, mon grand-père les déteste, et une bonne partie de l’électorat FN doit être encore sensible à l’antisémitisme. Je peux t’assurer que j’ai grandi en entendant autour de moi tout un tas d’aberrations et d’horreurs sur les juifs, venant même de personnes modérées. Il ne faut pas minorer ce qui se dit dans les chaumières.

  4. Sur les préjugés, OK. Disons qu’il n’y a pas forcément d’incitation médiatique à l’antisémitisme, mais il peut y avoir des incitations à d’autres niveaux, dans ce que j’appelle des « microstructures » : typiquement, la famille, le cercle amical, etc. En ce qui concerne la diffusion des idées soralo-dieudonnistes, je ne sais pas si l’on peut parler de « microstructure », dans la mesure où elle n’est pas organisée sur des institutions stables – mais pourquoi pas, cela dit. Dieudonné a un théâtre attitré, Soral a un groupe politique, un site Internet et des followers sur Youtube… Est-ce que le terme de « champ » conviendrait mieux ?

    Pour le reste, comme tu dis :
    « On pourra toujours rétorquer aussi que le fait de ne pas prendre en compte le fait juif dans la définition de l’antisionisme et de faire comme si c’était tout à fait autre chose, c’est déjà de l’antisémitisme ».

    A partir du moment où tu as une définition du sionisme qui n’est pas celle des sionistes, ils/elles sont légitimes, de leur point de vue, à considérer que tu verses dans l’antisémitisme.

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